Après le print et le web… le « live »?

Le programme du premier magazine "live" (Crédit: MediaBistro)

Print ou web, un magazine, d’ordinaire, ça se lit. Mais pas cette édition spéciale de ESPN The Magazine. Né de la collaboration de la chaîne sportive éponyme et de Pop Up Magazine , un collectif qui propose déjà des magazines « live » à San Francisco, ce titre-là s’achète 25 dollars non pas dans un kiosque, mais dans un théâtre.

Chaque soir de « parution », une vingtaine d’acteurs sur scène font vivre un nouveau numéro pendant une heure et demie. C’est aussi un collector: aucune vidéo, aucun enregistrement ou transcription n’en est disponible, sur Internet ou ailleurs. Chaque numéro de ESPN The Magazine, dont la première édition incluait des papiers sur le sport mais aussi sur les termites (!), les soldats, la chanteuse Pink et le mal de l’air, n’est disponible qu’une seule soirée. Vous avez dit étrange? Il faudrait demander ce qu’ils en ont pensé aux 800 « lecteurs » qui ont pu voir ça dans un théâtre de Manhattan mercredi dernier, lire MediaBistro, qui a adoré, ou se précipiter pour faire partie des 3500 personnes qui devraient assister à la prochaine édition. A ce jour le sommaire, le lieu et la date restent un mystère…

Crédit MediaBistro

 

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Magazines et iPad (IV): retour à la raison

Magazinorama (qui se fait discret ces temps-ci, mais c’est transitoire) poursuit sa série sur les relations ambiguës que les magazines entretiennent avec les tablettes et en premier lieu l’iPad: cette semaine, c’est le groupe Condé Nast, qui, après un premier bilan contrasté des performances de ses magazines iPad, s’apprêterait à tenter une nouvelle politique tarifaire dans les jours prochains: 1,99 dollars par mensuel.
C’est le New Yorker qui ouvrirait la marche, avec une édition spéciale sur la mort de Ben Laden. Il devrait être disponible très rapidement par abonnement – Condé Nast a donc grillé Hearst, qui a annoncé de son côté qu’un abonnement pour Esquire et O (le magazine d’Oprah Winfrey) seraient disponibles en juillet.
Wired et GQ pourraient suivre, et voir donc leur prix dégringoler (aujourd’hui respectivement 3,99 et 4,99 dollars sur IPad), puis Vanity Fair, Glamour, etc..
Et à Magazinorama, coûts de développement maîtrisés (quitte à faire quelques sacrifices, moins de vidéos, moins de « gimmicks » spectaculaires), et prix bas sur iPad, on y croit!

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Magazines et iPad (III): premiers bilans

Créer une appli iPad c’est bien. Créer une appli iPad que vos lecteurs achètent plus d’une fois, c’est mieux. A lire dans FolioMag cette semaine, trois exemples d’éditeurs de magazines qui travaillent à fidéliser le lectorat des tablettes. On y retrouve entre autres le cas de Bonnier qui mise sur un système d’abonnement pour le mensuel Popular Photography , avec appli gratuite et offre promotionnelle d’abonnement entre 15 et 20 dollars annuels (contre 4.99 dollars, prix au numéro). Autre exemple, celui de Wired (Condé Nast), dont l’édition iPad a un an. Le numéro anniversaire de mai, offert gratuitement aux lecteurs, intègre une fonction de e-commerce. Son directeur, Howard Mittman, n’hésite pas à parler du magazine comme d’un « créateur d’envies », qui montre des produits aux lecteurs. « On les fait entrer dans leur conscience, puis on leur propose de les leur vendre, via une vitrine intégrée à l’offre éditoriale ». Parmi les conclusions des éditeurs interrogés par Foliomag, on note aussi, sans surprise, l’importance de l’interaction constante avec les lecteurs,  de la simplicité de l’abonnement, mais aussi d’applis légères, pas trop longues à télécharger, et d’une maquette soignée et optimisée pour l’écran de la tablette.

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Magazines et iPad (II) : nouvelles pistes

Pour poursuivre l’idée d’une « section magazine sur iPad », évoquée dans le billet précédent, je vous suggère de lire cette semaine, sur ce blog non officiel sur les produits Apple, une analyse que je trouve bien vue de la situation. L’auteur rappelle d’abord le constat de relatif échec effectué par Condé Nast, que des ventes trop faibles sur tablettes poussent à réfléchir à une réorientation de sa stratégie et à limiter les frais. Il propose ensuite la création sur l’Appstore d’un « iNewstand », à l’initiative de tous les éditeurs de magazine.
Une fois l’appli téléchargée, le lecteur pourrait acheter le magazine de son choix pour une somme symboliquement faible, de l’ordre de 99 cents. Mieux: une fonction « recherche » dans le iNewstand permettrait au lecteur d’identifier des articles intéressants par thème et peut-être de découvrir, par la même occasion, un magazine qu’il n’aurait jamais eu l’idée d’acheter.
J’y ajouterais une autre idée: ne proposer sur iPad, à ce tarif, que des « best-of » des articles du magazine papier, ou des applis « cover stories » (comme celle-ci). Quadruple avantage: les coûts sont maîtrisés, l’appli donne une impression d’exclusivité, offre une chance de recruter de nouveaux lecteurs et sert de vitrine pour la version papier.

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Magazines et iPad (I): pas encore de formule magique

Les magazines cherchent leur place sur l'Appstore où le jeu est roi

Constat: les lecteurs ne se précipitent pas sur les versions iPad de leurs magazines, surtout vendues au prix du papier.  A croire qu’il leur est difficile d’admettre qu’un magazine qu’ils ne peuvent ni prêter, ni empiler, ni découper, ni imprimer, a la même valeur que sa version vendue en kiosque. Une appli offre des tas de vidéos formidables, de quoi cliquer jusqu’à épuisement, des gimmicks qui font faire « oooh » et « aaah », mais le web aussi et il est gratuit. Pire, on sait que les lecteurs n’ont pas l’impression de lire un magazine, mais simplement « d’utiliser leur iPad » (l’étude qui apporté cette info triste mais cruciale est ici).

On cherche donc encore la formule magique. PaidContent a interrogé Time Inc., Hearst et Condé Nast qui expliquent comment ils ont dû se réorganiser pour produire les coûteuses applis de leurs titres-phares. Mais on notera les mots d’un témoin cité au début, qui estime qu’au lieu d’essayer de faire de vrais magazines sur iPad, il faudrait se concentrer sur des produits dérivés de la marque. “ITunes n’a même pas de section « magazine » dédiée: nos vrais concurrents, ce sont AngryBirds et Flipboard« . Trop politiquement incorrect, il a préféré l’anonymat!

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Afrique du Sud: Car met le turbo sur l’interactivité

Le mensuel automobile sud-africaiCar (RamsayMedia) s’essaie à l’interactivité tous azimuts dans son numéro de mai, qui sort aujourd’hui en kiosque. Pour commencer, une couverture en réalité augmentée: une fois scanné le marqueur situé sous l’image, la photo de la BMW M3 Frozen cède la place, sur un ordi équipé d’une webcam, à une vidéo de la voiture. On peut aussi cliquer sur les autres véhicules situés en bas de page pour visualiser des vidéos, et sur le titre « gagnez un voyage pour le salon de l’auto de Francfort », qui vous conduira tout droit à la page Facebook du magazine.

Ajoutons à cela une pub en réalité augmentée en pages intérieures, et des codes QR sur les comptes-rendus de trois road tests, permettant d’accéder aux vidéos. « Nous sommes certains que cela fera une grande impression sur nos lecteurs », commente l’éditeur de Car à MediaUpdate, avant d’ajouter: « dans un monde où la technologie évolue sans cesse, le papier ne peut pas se permettre de rester inchangé ».
La démo est ici:

PS: Ces jours-ci sont très bousculés et …mAgaZinorama est un peu à la traîne. Patience, tout rentrera bientôt dans l’ordre.

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Le New Yorker drague sur Facebook

L’hebdo The New Yorker, d’ordinaire très avare de son contenu sur son site web, a décidé de traiter ses 200 000 fans Facebook comme s’ils étaient des lecteurs payants du magazine papier. Il offre en effet un libre accès à un essai original de l’auteur Jonathan Franzen pendant une durée limitée à qui voudra bien « liker » la page fan du journal. Le New Yorker réserve normalement ce genre de lecture aux acheteurs de l’hebdo (un million d’abonnés), ou de sa version sur iPad.
C’est d’autant plus surprenant, note Matthew Creamer dans
AdAge, que le magazine s’est souvent montré méfiant vis-à-vis des réseaux sociaux. En octobre dernier, le journaliste Malcom Gladwell y insistait sur le caractère « faible » des liens noués sur Twitter et Facebook.
Apparemment sa hiérarchie s’est rendue à l’évidence: le trafic vers les sites de médias passe de plus en plus par Facebook. Et les nouvelles technologies, pour générer du lien faible, n’en sont pas moins idéales pour aller à la rencontre du public et entamer le dialogue avec lui. Tous les fans Facebook n’achetant pas encore le magazine, renforcer le capital de séduction du titre avait du sens. Reste à les convaincre de marcher un jour jusqu’au kiosque.

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Transformer un magazine print à l’ère numérique: DVorkin (Forbes) donne la recette

Cette semaine, je vous conseille vivement la lecture du blog d’Andrea DVorkin, l’artisan inspiré du passage du bimensuel américain Forbes dans le XXIème siècle (dont j’ai déjà parlé ici).

Il y répond en détail à deux questions tout à fait essentielles:
- Comment un magazine papier doit-il se positionner vis-à-vis de son site web, d’une appli iPad ou tout autre produit numérique?
- Comment revoir le design du papier dans un monde obsédé par le numérique?

Comme l’explique DVorkin, la transformation effectuée pour l’édition en ligne de Forbes en septembre dernier s’est doublée d’une transformation en profondeur de l’édition papier: maquette et structure simplifiées rappelant le site web, la fin des couvertures « conceptuelles » au profit d’autres conçues comme des étendards de la marque , et une info produite systématiquement avec un souci de cohérence avec ce que l’on mettra en ligne par ailleurs. Enfin, et surtout,  un magazine presque entièrement repensé pour laisser de la place aux lecteurs désormais habitués à donner de la voix sur le web.

Apparemment, ces derniers apprécient, et les ventes repartent timidement à la hausse alors que les concurrents (pour qui, remarque DVorkin, « flat is the new up »), patinent toujours.


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Belgique: Flair innove avec Facebook

Alors que  beaucoup de magazines peinent encore à extraire des réseaux sociaux du contenu réutilisable pour leur édition papier, la version belge de l’hebdo de mode Flair (groupe Sanoma), a lancé une application Facebook sur mesure pour ses lectrices folles de fringues.

Armées de leur « Flair Fashiontag », les fans francophones ou néerlandophones de Flair peuvent en effet « taguer » sur le réseau social la photo d’un vêtement ou d’un accessoire porté par une amie, et poser des questions  sur l’objet de leur convoitise: « tu l’as achetée où ta jupe? », « quelle marque ce sac? », « ton pull existe-t-il dans d’autres couleurs? », etc.

Toutes les photos, les questions et les réponses obtenues se retrouvent sur une galerie d’images sur Facebook et les meilleures sont publiées chaque semaine dans le magazine vendu en kiosque.

Cliquer pour agrandir

Lancée le 22 mars, l’application, qui a été créée par l’agence Duval Guillaume Bruxelles (filiale de Publicis), a apporté 35% de nouveaux fans à la page Facebook de Flair.

Coût de développement: moins de 20 000 euros, lit-on sur le site Ad Age.

A regarder en vidéo ici:

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Esquire « habillé » pour l’été

J’évoquais il y a quelques jours l’arrivée prévisible du « click to buy » sur les sites des magazines. David Granger, le rédacteur en chef du mensuel Esquire (Hearst) vient de confirmer qu’il souhaite engager son journal dans cette voie, avec l’ouverture prochaine de Clad (« Habillé », ndlr), un magasin-magazine en ligne en partenariat avec JC Penney, l’un des plus grands détaillants américains.
« Nous serons la voix éditoriale et structurelle du site », explique David Granger, dont les propos sont rapportés par EMedia Vitals. Avant d’énoncer une conception de la presse avec laquelle on a largement le droit de ne pas être d’accord: « les magazines ont fait quelque chose d’essentiel: donner envie aux gens d’avoir certaines choses, qu’il s’agisse de chaussures ou d’une vie meilleure (…) Mais nous n’avons pas encore assuré la livraison.(…) Chez Esquire, nous allons combler le vide entre l’inspiration et l’action ».
Autre innovation, dès le mois de juin, le magazine va lancer un jeu sur iPad – les premiers niveaux seront gratuits, ensuite ce sera payant. Je ne suis pas certaine de bien suivre la logique d’Esquire sur ce dernier coup, mais je ne demande qu’à voir!

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